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Obligations de cybersécurité pour les TPE/PME françaises en 2026 : ce que la loi impose vraiment

Obligations de cybersécurité pour les TPE/PME françaises en 2026 : ce que la loi impose vraiment

Obligations de cybersécurité pour les TPE/PME françaises en 2026 : ce que la loi impose vraiment

La cybersécurité n’est plus un sujet réservé aux grandes entreprises ou aux opérateurs d’importance vitale. En 2026, les TPE/PME françaises sont de plus en plus concernées par un ensemble d’obligations légales et réglementaires en matière de sécurité informatique, de protection des données et de gestion des incidents. Entre le RGPD, la directive NIS2, le Code du travail et les règles sectorielles, il devient indispensable de comprendre ce qui est réellement imposé par la loi, et ce qui relève plutôt des bonnes pratiques recommandées.

Cadre général : l’obligation de sécurité pèse aussi sur les petites entreprises

En droit français, plusieurs textes posent une obligation générale de sécurité qui s’étend aux systèmes d’information, même si le terme « cybersécurité » n’est pas toujours explicitement utilisé.

Sur le plan civil, la responsabilité de l’entreprise peut être engagée en cas de manquement à son devoir de prudence :

Sur le plan de la santé et de la sécurité au travail, le numérique est inclus dans le périmètre de protection des salariés :

En pratique, ces obligations générales signifient que, même sans texte sectoriel spécifique, une TPE/PME doit démontrer qu’elle a pris des mesures raisonnables pour sécuriser son système d’information et limiter les risques informatiques prévisibles.

RGPD : la pierre angulaire des obligations de cybersécurité

Pour la quasi-totalité des TPE/PME, le socle juridique principal en matière de cybersécurité reste le Règlement (UE) 2016/679 dit RGPD, applicable depuis 2018 et complété en France par la loi Informatique et Libertés modifiée (loi n° 78-17 du 6 janvier 1978).

Le RGPD impose plusieurs exigences directement liées à la sécurité informatique :

Contrairement à une idée reçue, le RGPD ne réserve pas ces obligations aux grandes entreprises : toute structure traitant des données personnelles (nom, adresse e-mail, IP, données RH, CRM, etc.) est concernée, quelle que soit sa taille. La CNIL a déjà sanctionné des TPE/PME pour des insuffisances de sécurité (mots de passe trop faibles, absence de chiffrement, accès non protégés à des espaces clients).

Pour une TPE/PME française en 2026, cela implique notamment :

Directive NIS2 : vers des obligations renforcées pour certains secteurs

La directive (UE) 2022/2555 dite NIS2 remplace la directive NIS de 2016 et renforce les exigences de cybersécurité pour un grand nombre d’organisations dans l’Union européenne. Les États membres devaient la transposer dans leur droit national au plus tard le 17 octobre 2024. En France, cela passe par une adaptation du Code de la défense, du Code de la sécurité intérieure et d’autres textes, sous l’égide de l’ANSSI.

En 2026, sous réserve des textes français définitifs, les conséquences prévisibles pour les TPE/PME sont les suivantes :

La directive NIS2 impose notamment (article 21) un ensemble minimal de mesures telles que :

Les détails pour la France (liste des secteurs, seuils de taille, modalités de déclaration) sont fixés par les textes de transposition et les décrets d’application publiés après 2024. Les TPE/PME concernées devront surveiller les communications de l’ANSSI et les textes publiés au Journal officiel pour connaître leurs obligations exactes.

Obligations liées aux sites web, e-commerce et services en ligne

De nombreuses TPE/PME disposent d’un site vitrine, d’une boutique en ligne ou d’une plateforme SaaS. Plusieurs textes s’appliquent alors en matière de sécurité et de protection des données :

Pour un site web de TPE/PME, les exigences minimales impliquent en pratique :

Rôle des prestataires, sous-traitants et fournisseurs de services cloud

La plupart des TPE/PME externalisent une partie de leurs fonctions informatiques : hébergement, maintenance, messagerie, sauvegarde, sécurité managée, etc. D’un point de vue juridique, cela ne les décharge pas de leurs obligations.

Le RGPD (article 28) impose à l’entreprise cliente (responsable de traitement) de :

En 2026, avec la montée en puissance de la directive NIS2 et des exigences de résilience numérique, les TPE/PME ont tout intérêt à :

Obligation de formation et de sensibilisation des salariés

Les textes ne parlent pas toujours explicitement de « formation cybersécurité », mais plusieurs bases légales permettent de considérer cette formation comme une obligation implicite :

Pour une TPE/PME, l’exigence raisonnable en 2026 pourrait inclure :

Notification des incidents et coopération avec les autorités

En fonction de leur activité, les TPE/PME peuvent être soumises à des obligations spécifiques de notification d’incidents :

Indépendamment de ces obligations, en cas de cyberattaque (rançongiciel, fraude, compromission de messagerie, escroquerie), il est recommandé :

Assurance cyber et gestion du risque financier

La souscription d’une assurance cyber n’est pas, à ce jour, une obligation légale pour les TPE/PME en France. Cependant, elle peut constituer un élément de la stratégie globale de gestion des risques.

Le Code des assurances et la jurisprudence imposent en revanche de respecter les conditions du contrat. Cela signifie que si la police d’assurance cyber prévoit des exigences minimales de sécurité (sauvegardes régulières, authentification forte, mises à jour), leur non-respect peut entraîner un refus de prise en charge en cas de sinistre.

En 2026, il est probable que les assureurs exigent de plus en plus :

Bonnes pratiques recommandées par l’ANSSI et la CNIL pour les TPE/PME

Au-delà des textes obligatoires, les autorités françaises publient des guides qui, s’ils ne sont pas juridiquement contraignants, servent souvent de référence pour évaluer ce qu’est une « mesure de sécurité appropriée » :

En cas de contrôle, de contentieux ou de sinistre, ces recommandations peuvent servir de référentiel implicite pour apprécier si l’entreprise a raisonnablement sécurisé ses systèmes et ses données.

En 2026, même une petite structure qui n’entre pas dans les catégories les plus réglementées a intérêt à :

Les TPE/PME françaises se trouvent ainsi au croisement de plusieurs exigences : protection des données personnelles (RGPD), résilience des services numériques (NIS2), sécurité des salariés (Code du travail), loyauté vis-à-vis des clients et partenaires. La cybersécurité devient une composante incontournable de la conformité juridique et de la compétitivité, même pour les structures de petite taille.

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